Nous avons tous vécu des expériences qui nous ont déplu. Nous gardons alors dans notre grande bibliothèque de l’inconscient des traces “négatives” de ces vécus.

Par la suite, ces mémoires deviennent le terreau sur lequel notre mental prend appui pour évaluer les situations. Il est important de savoir que le rôle principal de notre mental – bienveillant qu’il est – est de nous protéger. Pour mener à bien sa mission, celui-ci passe son temps à analyser les situations que nous vivons dans le présent, pour savoir si celles-ci représentent un danger pour nous. On pourrait se dire que c’est une chance d’avoir un mental qui veille sur nous.

Oui mais voilà… lorsque notre mental cherche à nous protéger, les éléments sur lesquels il prend appui comme référentiel pour son évaluation, ce sont ces mémoires du passé. Et qui dit passé, ne dit PAS présent. Ces mémoires sont toujours issues de la perception que nous avons eu de l’évènement vécu et de l’émotion qui a découlée de cette perception de l’évènement. Il y’a « le fait, la perception du fait et l’émotion qui en découle ». Un joli puzzle qui une fois vécu, fusionne et s’imprime en nous dans l’instant. Le mental considère comme danger tout ce qui nous a mis en souffrance, dans la peine, le chagrin, la peur, la terreur, la perte de contrôle, la paralysie, etc, et cherche invariablement à nous éviter de le revivre.

Bon ok, vu comme ça vous me direz : “Trop sympa ce mental”.

 

Mais en réalité…
Tout ce que fait le mental si nous le laissons agir ainsi, c’est de nous maintenir dans un passé qui n’existe plus, en projetant un futur qui n’existe pas. Qui plus est, il appréhende le présent sous l’angle du passé – générant un état de stress lié au fait de raviver, d’aller puiser dans ces mémoires – et anticipe un futur inexistant vu encore une fois sous le prisme du passé – générant de nouveau des peurs irrationnelles -. Il est dans une forme d’anticipation et de projection de données qui ne font pas parties du présent.

Tout de suite moins sympa notre ami le mental.

 

J’ai une bonne nouvelle pour vous :
Notre mental si on sait s’y prendre, peut devenir un ami, un allier puissant, à notre service dans le temps présent. C’est à ce moment précis que rentre en scène la notion de “revenir à l’instant présent ”.
Une des premières choses à avoir à l’esprit pour y arriver est de prendre en compte le fait que : « NON, nous ne sommes pas notre mental ! ». Il est une partie de nous, il est nos pensées et nous ne nous résumons pas à nos pensées. Elles ne sont qu’une petite partie de nous, puisqu’en réalité nous sommes bien plus vaste et riche que ça. C’est un peu dure à avaler quand depuis notre plus tendre enfance, à l’école notamment, on nous apprends à piloter notre vie avec notre tête. « Je pense donc je suis » nous disait Descartes et depuis le système s’est gardé de remettre ça en question. Heureusement, rien ne nous empêche de le faire à notre niveau.

Si nous gardons à l’esprit que notre mental nous donne des infos mais que nous sommes libres de prendre pour vrai ou non, alors nous faisons un pas significatif vers vivre qui nous sommes dans l’instant « présent ». C’est ce que j’appelle pour ma part le « libre arbitre », notre capacité à choisir comment nous souhaitons vivre les évènements dans le temps présent. Nous avons toujours la possibilité de choisir comment nous voulons les vivre. Notre mental devient non plus le pilote de notre vie, mais un simple outil d’alerte ou bien encore un ami qui vient renforcer notre conviction, affirmer notre prise de position.

 

Exemple :

    • Le mental : « Il se passe quelque chose ! »
    • Le libre arbitre : « Ok… respire… prend le temps… comment je choisis de vivre la chose… est-ce que la situation me convient ? Que se passe t-il si je prends un nouvel angle de vue ? »
    • Le mental : « Non mais là ça craint vraiment ! T’as pas le temps de respirer ! Rappelles toi il y’a 5 ans, tu as vécu EXACTEMENT la même chose et tu en as VRAIMENT beaucoup souffert. C’est la paniiique ! » (Le mental aime bien en faire des tonnes pour être très persuasif.
    • Le libre arbitre : « Rires. Merci mental je prends note mais on va commencer par se calmer hein. Tu me dis que je vais revivre la même chose, mais qu’est-ce que tu en sais. Est-ce que moi j’ai envie de revivre la même chose ? NON. Ok… on respire… Qu’est ce que je souhaite vivre dans ce moment là ? Comment je souhaite me positionner ? Qu’est-ce que je souhaite générer dans cette nouvelle réalité ?
      Eh bien oui, je veux vivre de la douceur, de la bienveillance, de la réussite. Je veux que cette situation m’aide justement à faire la paix avec moi-même.
      Ok mental, tu as compris ? C’est ma nouvelle vision pour cette situation présente. »
    • Le mental : « Ah oui dis donc, quelle bonne idée… Faire la paix. Ok c’est noté, je te soutiens dans cette direction. Nous allons écrire le présent comme tu l’entends. »

Nous avons le pouvoir de choisir nos pensées et la façon dont notre mental travaille pour nous.

Et quand nous trouvons le truc, c’est un vrai plaisir.